Euthanasie et droit à la dignité

Publié le par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE

 

« Parole de Femmes », le rendez-vous débat de l’AJS, propose une rencontre autour du thème de l’euthanasie. Entre l’ADMD, l’association présidée par Jean-Luc Roméro, qui réclame une loi autorisant l’euthanasie, et les tenants de la loi Leonetti qui permet une euthanasie passive, le débat est vif. L’ADMD n’a pas tenu à venir débattre en présence de ses dissidents d’ « Ultime Liberté », qui assiste celles et ceux qui prennent le chemin de la Suisse ou de la Belgique pour en finir avec leurs souffrances. Autre dissidente, l’association AR2S, récemment créée, prône l’application pure et simple de la loi Leonetti.

   

Lors de sa campagne électorale, pour la présidentielle de 2012, François Hollande s’était positionné pour une nouvelle loi. Le rapport rédigé quelques mois plus tard par le professeur Sicard ne va pas en ce sens. Pour autant, une nouvelle loi est-elle envisageable ? Peut-être, mais il est difficile de croire que les députés puissent en débattre immédiatement. Il faut,  entend-on, d’abord laisser retomber le soufflet de la loi sur le mariage pour tous.

L’AJS et Parole de Femmes ont invité, avec le concours du Studio 43, le docteur Didier Cazin, vice-recteur de l’Université catholique de Lille, Annie Dedourge, de l’association « Ultime Liberté », le » docteur Alain Masclet, président de l’association AR2S pour le rapprochement entre soignants et patients.

Le débat se déroulera après la projection du film « Quelques heures de printemps », avec Vincent Lindon.

Rendez-vous jeudi 30 mai, à 14h00, au Studio 43 de Dunkerque.

 

 

Le choix des autres ou le droit à la dignité...
pour l’Autre ?

Romero.jpg Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD

   

Pour ou contre l’euthanasie ? Ainsi posée, la question   a toutes les chances de diviser et de mener à un  dialogue de sourds. Elle risque de limiter la réflexion à une opposition entre le religieux et le laïque,  entre conservatisme et modernité. Vie et mort, droit à la vie, droit à la mort ? La réalité est autrement plus complexe.

 

La vie est sacrée. Peu d’entre nous prétendront ne pas vouloir vivre le plus longtemps possible. Mais à condition de vivre en bonne santé, et de vivre heureux. En ce sens, le droit à la vie ne s’oppose pas au droit à mourir dans la dignité.

 

C’est là que le débat devient intéressant. Car qui peut décider pour l’autre ? Le cas de Vincent Lambert, cet homme de 37 ans plongé dans un état végétatif depuis cinq ans, après un grave accident de moto, montre les limites de la loi Leonetti. Les médecins, avec l’accord de son épouse et d’une partie de sa famille, avaient décidé de stopper les soins. Mais les parents de Vincent Lambert ont obtenu, de la justice, l’annulation de cette décision.

 

Pour la femme de Vincent, à son chevet depuis cinq ans, le choc est très lourd. Depuis longtemps, elle se préparait à la fin de vie de son époux. Celui-ci n’était plus alimenté depuis un mois. Quelle position aurait-il adoptée sur la question,  lorsqu’il était valide et en pleine santé ?

 

Pour le professeur Sicard, auteur du rapport qui porte son nom, le cas de Vincent Lambert ne relève pas du débat actuel sur l’euthanasie. Il s’appuie pour cela sur la demande des parents. A l’Association  pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), on considère que la loi Leonetti du 22 avril 2005, sur l’ « euthanasie passive »,  n’est pas satisfaisante. Son président Jean-Luc Roméro vient de le rappeler à Lille : « Cette loi privilégie l’aspect médical ». Or, elle devrait privilégier l’avis des personnes directement concernées.

 

« La société, dit le journaliste et écrivant François De Closets, se doit d’offrir, et non pas d’imposer, un recours contre [cette] mauvaise mort.  Non pas en prenant en charge les destins individuels , mais en permettant aux volontés de chacun de s’exprimer et d’être respectées ».

 

L’ADMD milite pour cela et réclame une loi qui offre l’accès universel aux soins palliatifs et qui autorise l’euthanasie. Pour l’association,  le risque de dérives, souvent évoqué par les partisans du statu quo, n’existe pas. Elle en veut pour preuve la pratique de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suisse. Et elle rappelle qu’une telle loi faisait partie des propositions du candidat à la présidentielle, François Hollande.

 

 

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Publié dans Débats

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