La condition des femmes dans le nord de l'Afrique
En partenariat avec le Studio 43 de Dunkerque et l'association SeDire, l'AJS propose la projection du film égyptien "Les femmes du bus 678" de Mohamed Diab. Cette projection sera suivie d'un débat sur la condition féminine dans le nord de l'Afrique et en Europe. Pour échanger avec le public, le journaliste Philippe Allienne sera entouré de Fouzia Oulgour, présidente de l'association marocain pour la protection des filles Yelli, et de Laure Ignace, dce l'association européenne contre les violenc es faites aux femmes (AVFT). Un après-midi organisé dans le cadre de la Semaine de la solidarité in ternationale et de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Rendez-vous ce jeudi 22 novembre à 14 heures, au Studio 43 de Dunkerque.
La condition féminine a besoin d’un vrai diagnostic
et exige une politique volontariste
Comment évolue la condition de la femme dans les pays du nord de l’Afrique ? Les « Révolutions arabes », ainsi qu’on les a nommées avec beaucoup d’enthousiasme, ont déjà montré leurs aspects régressifs pour les femmes.
En Tunisie, le mot « égalité » ne sera finalement pas éclipsé au profit de la « complémentarité » voulue par le parti Ennahada. Rien n’est gagné pour autant. Comment peut-on poursuivre une femme violée pour « atteinte à la pudeur » ? C’est pourtant ce que l’on observe dans le pays qui a longtemps été considéré, dans le monde arabe, comme un modèle pour le droit des femmes.
Au Maroc, le nouveau code de la famille adopté en 2004 a permis un progrès certain. Beaucoup reste à faire. Exemple : l’exploitation des jeunes filles, mineures employées comme bonnes à tout faire, n’a pas été éradiquée. On attend la transposition de la nouvelle Constitution adoptée en 2011.
En Algérie, la lutte des femmes, durant les années 80 et 90 n’a pas permis l’abrogation du code de la famille. On lira, dans ce dossier, l’interview de Cherifa Kheddar. Elle y dénonce une politique d’ « un pas en avant, deux pas en arrière ».
Les trois femmes égyptiennes du film de Mohamed Diab, « Les femmes du bus 678 », se rebellent contre le machisme, le pouvoir des hommes, le harcèlement quotidien. Des pratiques auxquelles la « révolution » n’a pas touché. Une révolution que le film égyptien n’évoque d’ailleurs même pas. Il a été réalisé peu de temps après
le premier procès intenté en 2008 par une victime contre son agresseur. Il brosse le portrait de femmes qui décident, ensemble, de secouer enfin le joug de l'indifférence et de la victimisation.
Et en France ? Les éléments de différentes enquêtes sont révélateurs d’une situation épouvantable. Un chiffre, un seul, recueilli il y a cinq ans : 4,7% des viols ont lieu au travail, ainsi que 25% des caresses, baisers et autres gestes déplacés non désirés.
Le mensuel « Causette » vient de rappeler que toutes les femmes, en France, doivent pouvoir utiliser leurs droits. Mais comment faire lorsque l’on est étrangère et que l’on vit avec un conjoint violent ? Voilà un domaine, encore, qui exige une politique plus volontariste des pouvoirs publics.