Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 16:52

Un nouveau débat de "Parole de Femmes" sur le co-développement

Dans le cadre de son action "Parole de Femmes", l'AJS, le Bon Emploi de la Solidarité propose une débat sur le thème :

 

"Migration et développement : Femme et co-développement, quel impact du printemps arabe ?"

 

Ce débat permettra aux participant(e)s de se pencher sur sur l'impact dfes changements que connaissent les pays arabes et sur le devenir du co-développement. L'implication et le rôle des femmes issues de l'immigration seront particulièrement abordés.

 

Intervenants :

 

  • Hassina Sahraoui, directrice de la revue "Salama" et militante des droits de la femme en Algérie
  • Driss El Alaoui, directeur de l'Association euro-méditerranéenne pour le travail et les échanges (AETE - Montpellier)
  • Ablavi-Anita Adjeoda-Ivon, Déléguée générale GESS-RECOSOL, consultante Appui, conseil en management.

Rendez-vous dès 12 heures au Studio 43 de Dunkerque, salle 5, pour un cocktail déjeunatoire offert par l'AJS. .Le débat, et l'échange avec la salle, se dérouleront de 14 h à 16 h 30. L'entrée est gratuite.

 

 

 

Par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE - Publié dans : Débats
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 15:06

 

 

La place de la femme dans la société fait débat. On peut en être surpris si on prend en compte l’ancienneté de l’apparition des revendications féministes, la création du MLF remonte en effet à la fin des années 60. Trente ans plus tard, force est de constater que notre société « moderne » n’a pas avancé aussi vite qu’on voudrait le croire ou le faire croire.

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Isabelle Alonso, chroniqueuse Siné Hebdo, radio, télé, auteur et ancienne présidente des Chiennes de garde

Devant une assemblée presque exclusivement féminine, on peut le regretter, Pascale Colisson et Isabelle Alonso ont dressé un aperçu de la place et de l’image de la femme dans les médias. Ensemble elles ont tordu le cou à quelques idées reçues et réaffirmé la nécessité d’une prise de conscience à la fois sur la place des femmes dans les médias mais également sur l’image que ces derniers véhiculent de la femme.

Parité hommes/femmes dans les médias, le miroir aux alouettes ?

Dans la pensée collective, la presse et le monde des médias sont perçus comme étant en pointe sur la question de la parité homme/femme. Cette idée est induite par la présence de nombreuses présentatrices, notamment pour les journaux télévisés, ou celle d’Arlette Chabot à la tête de la direction de l’information de France Télévision..

Ces quelques têtes d’affiches très visibles sont l’arbre qui cache la forêt. En quelques chiffres, Pascale Colisson dresse un tableau moins flatteur des médias français : les femmes journalistes sont moins bien payées que les hommes à compétences et postes équivalents (en moyenne 500€), elles accèdent moins facilement au CDI, il y a deux fois moins de femmes rédactrices en chef. On retrouve ces discriminations dans le contenu du travail, les femmes journalistes se retrouvent plus facilement sur les sujets de société, les enfants, la santé, la psychologie et moins sur les sujets touchant à l’économie, la politique, l’industrie. Des chiffres édifiants quand on sait que 43,2 % des cartes de presse sont détenues par des femmes ! (Données 2009 du CCIJP)

Ces différences de traitement soulèvent la surprise de l’assemblée, ce à quoi Isabelle Alonso répondra qu’il n’y a rien de surprenant tant cela ne fait que reproduire un schéma de société. «  Les statistiques existent depuis des années pour constater tout ça, pourquoi ces chiffres ne font-ils pas changer les choses ? ».

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Pascale Collisson, journaliste à « Courrier Cadres », co-présidente de l’Association des femmes journalistes

Toutes deux s’accordent à dire que les médias auraient tout à gagner à mettre en place une vraie parité. Les femmes représentent 50% de la population, il serait normal que l’on retrouve ce chiffre dans les effectifs et à tous les échelons des rédactions. Cette parité serait bénéfique au traitement même de l’information qui s’enrichirait alors s’il était moins masculin. Pascale Collisson s’affirme persuadée que «  la crise de confiance de la presse vient de la déconnexion de la réalité. La presse n’est pas le reflet de la société  ».

3% des reportages vont à l’encontre des stéréotypes.

Les médias jouent également un rôle dans la construction ou la mutation de l’image et de la représentation de la femme dans la société. La logique du « politiquement correct » voudrait que les médias soient un vecteur de réduction des stéréotypes, mais est-ce le cas en réalité ? Nos deux invitées sont également très critiques à ce sujet.

La diffusion d’un extrait d’émission montrant un échange entre Isabelle Alonso, Eric Zemmour et Eric Naulleau lors de la présentation du livre de cette dernière permet de se faire une idée du niveau parfois atteint. Si la répartie de notre invitée déclenche des éclats de rire parmi les participantes de notre atelier, le constat reste amer. En effet Isabelle Alonso estime que ses convictions féministes lui ferment la porte de certains médias, dans le même temps un chroniqueur ouvertement complaisant et machiste se retrouve sur les plateaux de nombreuses émissions grâce à ses positions.

 

On peut y voir un exemple de l’influence des médias sur l’image de la femme. Loin de combattre les stéréotypes, ils les maintiennent voire les aggravent. Le Global Media Monitoring Project *, auquel a participé l’AFJ, permet de chiffrer le phénomène : en France 17% des personnes interrogées par les médias sont des femmes contre 21% dans le monde, les femmes ne sont au centre des sujets que dans 11% des cas, il n’y a que 3% de femmes au centre de sujets économiques. En parallèle, les femmes sont beaucoup plus souvent en position de victimes, citées anonymement, sans profession (voir l’ensemble des chiffres dans le rapport 2005 du GMMP).

Pour Isabelle Alonso, « les médias confortent la position de la femme, l’enferment dans son statut et ses stéréotypes  ». La publicité et les médias fabriquent l’image d’une femme artificielle (toutes les photos sont systématiquement retouchées) et souvent utilisée dans le rôle de faire valoir. Même si tous les hommes ne sont pas sexistes, il y a là une pente naturelle suivie depuis toujours.

Plusieurs conclusions pour cet atelier : tout d’abord le sujet est loin d’avoir été épuisé et nos deux invitées n’ont pas eu assez de temps pour répondre à toutes les questions. Ensuite, l’éducation est la clé de la lutte contre la reproduction des stéréotypes ; Enfin, la force des images est telle que les médias ont une grande responsabilité et qu’ils doivent s’emparer de tous les aspects de la question : présence des femmes dans les rédactions, représentation de la femme dans les sujets, dans la publicité...

N. B.

* GMMP : étude menée tous les 5 ans dans 75 pays.

 

 Cet article a été rédigé et publié sur le site du club de la presse Nord - Pas de Calais, partenaire de cette rencontre

Mardi 9 février, le Club de la presse Nord-Pas de Calais, en partenariat avec l’association AJS, recevait Pascale Colisson, journaliste à « Courrier Cadres », co-présidente de l’Association des femmes journalistes, et Isabelle Alonso, écrivaine, chroniqueuse pour l’hebdomadaire « Siné Hebdo », pour la télévision et la radio, et ex-présidente de l’association « Chiennes de garde ». Pour un thème très transversal : la place et l’image de la femme dans les médias.

(Photos : Gérard Rouy)

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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 12:34

MG 5492L'AJS et son action "Parolede femmes" s'est associée aux ateliers réflexion du Club bde la rp'esse du Nord - Pas de Calais. Le 9 février, les deux associations ont reçu l'écrivaine et chroniqueuse féministe Isabelle Alonso et la MG 5530Pascale Colission, co-présidente
de l'Associationn des femmes journalisrtes (AFJ).  Elles ont débattu avec un public d'une cinquantaine de personnes venues de Dunkerque, Ostricourt et de la métropole lilloise.

MG 5542

Par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 17:22
Le prochain débat Parole de femmes aura lieu à Lilleimg073
mardi 9 février à 19h00
avec Isabelle Alonso

Dans le cadre de sa série "Parole de Femmes", l'AJS propose un débat en partenariat avec le" Club de la presse du Nord - Pas de Calais. Il sera consacré à l'image et la place de la femme dans les médias" et se déroulera à Lille, dans les locaux du Club de la presse. Avec pour invitées : Isabelle Alonso, chroniqueuse à la radio et à la télévision, Pascale Colisson, journaliste et co-présidente de l'Association des femmes journalistes.

http://www.clubdelapressenpdc.org/spip.php?article8612
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 07:58

L'AJS - Le bon emploi de la solidarité a proposé un débat public, mardi 2 juin, à la Maison de la vie associative de Dunkerque. A quelques jours des élections au Parlement européen, "Parole de femmes" s'est intéressée à l'implication politique des femmes au sein et dans le cadre de l'Union européenne.

Cinq intervenants étaient invités : Brigitte Douay, députée européenne sortante (groupe socialiste), Martine Beuraert (candidate dans la circonscription du Nord-Ouest pour le Mouvement démocrate - liste "Démocrates pour l'Europe"), Véronique Parent (présidente de la délégation régionale de l'association "Femmes 3000"), Régis Verley (journaliste européen, vice-président du Club de la presse Nord - Pas de Calais).

Un engagement indispensable

En France, les listes qui se sont présentées au scrutin européen, le 7 juin, ont respecté la parité "un homme - une femme". Ce n'est pas le cas partout en europe. Dans la circonscription Nord - Ouest (Nord, Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Basse-Normandie), sept listes sur un total de dix-huit étaient conduites par une femme.

Les avancées sont réelles, mais elles sont lentes. "La commission européenne travaille beaucoup pour l'égalité des genres", a rappelé Brigitte Douay. Cet engagement se traduit notamment par une "Feuille de route" pour l'égalité entre les hommes et les femmes
. Cette feuille route est arrivée à mi-parcours en 2008.

Dans le rapport qu'elle vient de rendre au Conseil et au Parlement européen (L'égalité entre les hommes et les femmes - 2009),  la commission européenne décrit les principales évolutions depuis 1997 dans l'Union européenne. On y lit notamment que le taux d'emploi des femmes dans l'Union européenne est passé de 51,1% en 1997 à 58,3% en 2007. Ce taux "avoisine maintenant l'objectif de Lisbonne, à savoir 60% en 2010", souligne le rapport. Mais il précise qu'il "existe toutefois de grandes disparités entre les Etats membres, les taux variant entre 36,9% et 73,2%.

Par ailleurs, 31,2% des salariées travaillent à temps partiel, un choix qui s'explique souvent par le partage inégal des responsabilités domestiques et familiales. Enfin, la ségrégation  professionnelle et sectorielle est restée inchangée. Ainsi, "les femmes travaillent principalement dans des secteurs et des professiones "féminisées" et demeurent dans des catégories d'emploi subalternes, avec un accès limité aux postes d'encadrement."

Voilà au moins une raison essentielle pour que "les femmes s'engagent", plaide Véronique Parent. co-présidente de la délégation régionale de la fédération "Femmes 3000", elle oeuvre pour que les femmes sortent de leur isolement. Même si les obstacles sont nombreux. Notamment en raison de ces "responsabilités domestiques et familiales". Un argument qui a fait bondir dans l'assistance, lors du débat du 2 juin. "Nous faisons tout pour nous en sortir. Il est vraiment dommage que vous nous rappeliez que nous sommes contraintes par nos obligations familiales !" a lancé une participante.

Dans le domaine de la représentation  politique, de gros efforts sont encore à faire par les Etats membres. Le nombre de femmes élues dans les parlements nationaux demeure souvent très faible. Même chose pour les femmes ministres. La France, même si elle évoluée ces dernières années, est loin d'avoir une place enviable. Selon une étude de la fondation Robert Shuman, en 2005 l'Assemblée nationale française ne comptait que 13% de femmes (17% aujourd'hui). Loin de la moyenne dans les 27 Etats membres : 20,65%. Très loin derrière la Suède (52%), le Danemark et la Finlande (38%), les Pays-Bas (36,6%) ou la Belgique (65%).  



La Suède, championne toutes catégories

Comme l'écrit l'historienne Michèle Perrot, dans un article publié en 2004, "l'Europe se distingue dans le monde par l'importance qu'elle accorde au principe de l'égalité entre les sexes".
Académie des sciences morales et politiques. En matière de politique, précise-t-elle, "Il existe de grands écarts pour la représentation des femmes en Europe. La Suède est championne toutes catégories avec 42 % de femmes au parlement, le Danemark, les Pays-Bas, la Finlande et l’Allemagne dépassant 30%. Au bas de l’échelle : le Portugal (13 %), l’Italie (12 %), la France (10,6 %) et la Grèce. Derniers pays à accorder le droit de vote aux femmes, ces deux pays conservent leur rang de lanterne-rouge quant à leur représentation : curieuse situation pour ces terres-mères de la démocratie. L’accès à la démocratie locale reproduit à peu près les mêmes écarts : les femmes sont 41 % dans les conseils municipaux en Suède, 21 % en France et 3,6 % en Grèce." (in L'Europe et les femmes - 2004).


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L’Europe dans la presse :
Désamour, diversion, espoir

 

Samedi 23 mai, les quotidiens « La Voix du Nord » et « Nord Eclair » donnaient les dix-huit listes déposées pour les élections européennes du 7 juin, dans la grande circonscription du Nord-Ouest. Le dépôt de ces listes s’étaient en effet achevé la veille au soir, 24 mai. Au total, il y a donc bien 161 listes en France (contre 168 en 2004). Dans notre région, comme partout en France, la parité est respectée ; dix hommes et dix femmes par liste. Sur les 18 listes, sept seront conduites par une femme.

 

Ces listes ont été validées le lundi suivant par le ministère de l’Intérieur. Sur le site www.interieur.gouv.fr, on peut trouver l’ordre exact de dépôt et, surtout, les noms précis avec la tête de liste et l’ensemble des 20 candidats par liste. Pour notre circonscription, les grandes formations sont au rendez-vous de ce scrutin : Majorité présidentielle derrière Dominique Riquet, PS derrière Gilles Pargneaux, Modem, derrière Corinne Lepage, extrême droite en ordre dispersé avec Marine Le Pen d’un côté et Carl Lang de l’autre, le Front de gauche conduit par Jacky Hénin et « élargit ses lignes en direction du parti de gauche de Marc Dolez », précisait « La Voix », Les Verts, LO, le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot, sans oublier « Debout la République » de Dupont Aignan ou encore la liste Nihous et De Villiers dans laquelle on retrouve Chasse-Pêche-Nature et Tradition…

 

Efficacité, légitimité, identité : les doutes !

 

Les listes ont donc été officialisées lundi 25 mai, jour du lancement de la campagne officielle. Mais durant la semaine qui vient de s’écouler, les craintes d’un  très fort taux d’abstention ne se sont pas atténuées. La lecture de la presse de ce week-end est édifiante. A commencer par « Le Monde » daté 31 mai et 1er juin : Il publie un entretien avec Hubert Védrine, l’ancien ministre des affaires étrangères,  et un article de Dominique de Villepin. Ce dernier, rapporte « le Monde », « juge que la campagne européenne (…) « n’est pas à la hauteur des enjeux ». Ceux-ci sont  liés, écrit-il, à la crise la plus grave que l’Union européenne (UE) ait jamais traversée : les Européens  doutent de son « efficacité », de sa « légitimité » et de son « identité ». Hubert Védrine ne dit pas autre chose quand il observe une « fatigue de l’Europe » qu’il attribue à « des constructions trop théoriques, trop techniques ou trop lyriques ».  Mais surtout, l’ancien ministre des Affaires étrangères « commente l’étonnante incapacité de la gauche social-démocrate européenne à tirer profit –politiquement et électoralement- d’une crise qui est celle d’un modèle promu par une droite libérale contemptrice du rôle de l’Etat.

 

« Comment sauver la campagne ? »  demandent Claude Askolovitch et Olivier Jay dans le Journal du Dimanche de ce samedi 31 mai. Si le Parlement n’a jamais été aussi important, conviennent-ils, « rien n’y fait. L’abstention menace, la campagne s’étiole. L’Europe un enjeu ? Sans doute. Mais on continue de résumer cet enjeu au ballet des chefs d’Etat et de gouvernement, à leurs rapports de force, à leurs négociations ». Dans sa seconde édition, dimanche, le JDD a publié un texte commun de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. On peut s’interroger sur cette « initiative franco-allemande et ses effets sur le débat européen, dans la  démocratique médiatique, ce texte commun a plus de poids que tous les votes des eurodéputés ». Non, rien n’y fait : une étude TNS Sofres/Logica effectuée pour « le Monde »,  France 2, France 3 et France inter prévoit que « le taux d’abstention pourrait varier de 52% à 60% » pour l’ensemble de la France. En 2004, le taux de participation dans le Nord-Ouest n’était que de 41%.
 

Nouveau projet absent

 

Dans la Voix du Nord de dimanche (31 mai), Michel Bretonnier ne s’étonne pas de ce « désamour entre l’Europe et ses peuples ». « Cette Europe, accuse-t-il, a pris la drôle d’habitude de faire fuir les électeurs lorsqu’elle présente son parlement à leurs suffrages et de les mobiliser lors des référendums, mais contre elle ».Pour le rédacteur en chef de La Voix, l’Europe est « dans un coma dépassé » parce  qu’ « elle n’a pas su dessiner un nouveau projet quand la paix est devenue naturelle entre pays européens, que le Mur est tombé et la prospérité s’est installée ».

 

Dans le JDD de samedi, Simone Veil explique pourquoi il faut voter.  Celle qui fut la première présidente du Parlement européen (de mai 1998 à mars 2001) regrette que, contrairement à cette époque, « le Parlement travaille sur le fond et a du pouvoir, mais il n’attire plus le regard ». Et elle accuse la presse. « « Vous êtes responsables, les médias, qui ne rendez pas assez compte de l’activité de ce Parlement ». Responsable aussi, « les politiques qui ne le valorisons pas assez » ajoute-t-elle.

 

Ne tirez pas sur les médias !

 

Cette mise en cause des médias, Patrick Pépin ne veut pas l’entendre. L’éditorialiste de « Nord Eclair » s’emporte, dans Nord Eclair de samedi 30 mai ; « la sempiternelle remarque, insupportable à la longue, des médias qui ne feraient pas leur travail ». Et il rappelle que son journal a traité le sujet abondamment pendant toute la campagne  et tout au long de l’année ». Patrick Pépin invite plutôt à regarder vers les thèmes qui ont fait diversion dans la campagne : « la question du travail du dimanche qu’on remet sur la table », le retour tant attendu du débat sur la sécurité, une proposition de loi permettant aux malades de travailler à domicile… « Pour mettre le feu au lac, il n’y avait pas mieux », juge-t-il.

 

La faute aux Etats membres…

 

Dans Nord Eclair de ce lundi 1er juin, Gérard Onesta, vice-président sortant du Parlement veut appeler un chat un chat : Pour lui, ce sont les pays membres eux-mêmes qui ne pensent pas assez européen. « On ne remonte pas en quinze jours un handicap d’indifférence totale, générée par les dirigeants des Etats, et la France en premier lieu. »

 

Samedi 30 mai, l’Humanité a publié un appel du « Front de gauche », l’ »Appel du 29 mai » pour redonner la parole au peuple. L’Huma aussi craint un taux record d’abstention et trouve que la campagne a été très peu relayée par les grands médias » Pourquoi le 29 mai ? Parce que c’est la date anniversaire du référendum sur le traité constitutionnel, le 29 mai 2005, quand « les Français avaient dit non à l’Europe libérale », lit-on  dans le texte. Objectif recherché par cet appel : « qu’il soit mis fin au service minimum électoral et que soit décrétée la mobilisation maximum de tous les moyens de débat public ».

 

Voix de l’espoir

 

Chez nous, « Liberté Hebdo » du 29 mai titre sur « les voix de l’espoir ». Il note que les « Français qui résistent font entendre une voix effrontément différente de celles qui invitent à la résignation ou à la division. Une voix qui devra se multiplier le 7 juin dans les urnes ». Dans son éditorial, Bruno Cadez évoque aussi cette Fran ce qui « résiste aux injustices » et qui s’était donné rendez-vous, jeudi dernier, à proximité de l’Assemblée nationale. Il veut parler des « hommes et des femmes de Caterpillar, de continental, d’Arcelor, etc. et des parlementaires du Parti communiste et du Parti de gauche qui défendent trois projets de loi pour combattre la crise.

 

Et l’Europe sociale ?

 

Et Bruno Cadez se prend à rêver : « si ces projets de loi étaient votés, songe-t-il, les licenciements boursiers seraient interdits, le Smic passerait à 1600 euros brut, les salariés auraient, face au patron, de véritables pouvoirs dans l’entreprise, les franchises médicales et le bouclier fiscal seraient supprimés, la directive Bolkestein n’aurait aucune chance d’être appliquée en France. » Et de conclure que « d’autres choix solidaires et écologiques sont possibles en France et en Europe. Le 7 juin, il faudra s’en souvenir », dit-il.

 

Ce pourrait (presque) être un lecteur de « Liberté hebdo » qui écrit dans le courrier des lecteurs de La « Voix du Nord » de lundi : Si les « peuples européens ne seront pas nombreux à aller voter, c’st qu’ils sont déçus par l’Europe actuelle ! (…) Au lieu de n’être qu’une « union monétaire, financière juridique et technocratique qui n’a su que réglementer et n’a même pas vu arriver la crise (…) il aurait fallu commencer par le début, c’est-à-dire une véritable Europe politique et sociale  en organisant une harmonisation progressive des salaires et des charges ainsi que des mesures sociales, des horaires, des congés payés et de formation ». Pour lui, cela reste possible mais…  « Que de temps perdu ! » regrette-t-il.


 

 

 

Par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE
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Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 17:59

 

gembloux3.jpg Les oubliés de l'Histoire
Sam Touzani et Ben Hamidou



Après notre débat sur la mémoire collective, le 7 septembre à Dunkerque, nous vous proposons une suite, vendredi 16 novembre avec le film-reportage de la chaîne belge "la Deux",  "La bataille de Gembloux, de la réalité à la fiction".  

En 1940, 2000 tirailleurs marocains étaient venus se battre, pour l'armée française, contre l'invasion  nazie. la plupart ont été tués à Gembloux, en Belgique.

 Ben Hamidou, Sam Touzani, Nacer Nafti et Gennaro Pitisci ont écrit une pièce de théâtre pour faire revivre la mémoire de ces tirailleurs.  Le film montre de larges extraits de la pièce, entrecoupés de témoignages d'anciens tirailleurs et des commentaires de Ben Hamidou et  Sam Touzani, interprêtes de la pièce..







 

 

Par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE - Publié dans : Débats
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Lundi 10 septembre 2007 1 10 /09 /Sep /2007 11:30

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De gauche à droite et du haut en bas : 
1 - Une partie de l'assistance, salle Jean-Bart.
2 - Francine Auger-Rey, directrice de Radio Canal Sambre Avesnois, Brigitte Mounier, metteuse en scène de la Compagnie des Mers du Nord, Sabrina Kassa, journaliste.
3 - Alcide Carton, inspecteur honoraire de l'Education Nationale, répond aux questions encore nombreuses à l'issue du débat.
4 - Echange entre Nathalie Mercier et Aïssa Zemouri.

(photos AJS)

Une mémoire vive et diverse


Sous le titre "Quelle mémoire pour devenir", le débat public organisé par l'AJS vendredi soir, 7 septembre, à la mairie de Dunkerque, a suscité des  échanges riches avec le public. Très applaudi, le film "Enquête d'avenir"* de Jean-Michel Vennemani, a présenté une démarche originale auprès d'adolescents du lycée professionnel Auguste Béhal, à Lens. Une démarche expliquée par Alcide Carton, inspecteur honoraire de l'Education nationale, qui a encadré ces jeunes dans le cadre d'un atelier citoyen. On  y parle identité ("rien à voir avec l'identité nationale !" prévient M Carton), mémoire, égalité des droits, diversité culturelle, liberté et solidarité.

Après la projection,  les intervenants ont réagi  avec beaucoup d'enthousiasme et se sont notamment arrêtés sur les propos et sur l'évolution de Bachir, l'un des adolescents suivis par la caméra de Vennemani. "Pourquoi on ne nous aime pas ?" demande-t-il dès le début du film. Affirmant vouloir devenir policier, comme son grand frère, il change d'avis à la fin de l'année scolaire. Au grand dam de la conseillère principale d'orientation de son lycée qui ne comprend pas. "Justement !" s'est exclamée d'entrée de jeu Brigitte Mounier. La metteuse en scène de la Compagnie des Mers du Nord a pointé du doigt une réalité que l'on a trop tendance à se cacher : par définition, les jeunes se construisent. Pourquoi vouloir les faire entrer dans des moules ou dans des formats prédéfinis par les adultes. "
Bachir a changé d'avis. Il ne veut plus faire comme son frère. Il veut être lui-même. Comment peut-on le lui reprocher ?"

"Les problèmes d'identité,
dira pour sa part la journaliste Sabrina Kassa, sont des problème que se posent surtout les adultes. Ils font des projections sur les jeunes." Et le travail de mémoire dans tout cela ? Précisément, chacun des intervenants s'est accordé pour dire qu'il est un outil de lutte contre la discrimination. Même si l'on n'y avait pas forcément pensé d'emblée, reconnaissent-ils. 

Qu'il s'agisse de la pièce "Sainte-Saga"**, mise en scène par Brigitte Mounier, du livre "Nos ancêtres le Chibanis !" de Sabrina Kassa, du travail réalisé en Sambre-Avesnois par la radio de Francine Auger-Rey, ou du film de Jean-Michel Vennemani, le constat est finalement le même. En faisant mieux connaître son passé, ses origines et son parcours, on donne des clés indispensables pour que la  jeunesse puisse mieux se construire et mieux aborder son devenir sans, poujr autant, porter le poids du passé.

Durant le débat, un texte extrait de "Mémoire de maîtres, paroles d'élèves", édité par Radio France, a été lu avec beaucoup de talent et de sensibilité par Nathalie Mercier, professeur de collège. Il a débouché sur un échange, lui aussi très riche, sur  l'alphabétisation des travailleurs immigrés. Avec ses côtés positifs. Mais aussi avec son aspect plus sombre du rapport dominant-dominé.

Nous reviendrons par la suite sur un compte rendu détaillé de ce débat. En attendant, n'hésitez pas à nous faire part de vos réactions.

 

* Le film "Enquête d'identité" sera diffusé par France 3 National le 24 septembre. 

** Prochaine représentation de Synthe Saga, par la Compagnie des Mers du Nord  : Samedi 13 octobre, à 20h30, au Palais du Littoral de Grande-Synthe.
Par AJS LE BON EMPLOI DE LA SOLIDARITE - Publié dans : Débats
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 17:58
Marie Cegarra et "la mémoire confisquée" 
des mineurs marocains

Cegarra-002.jpg Maître de conférences à l’Université de Lille 3 – Charles-de-Gaulle, l’ethnologue Marie Cegarra a beaucoup travaillé sur les pratiques culturelles de l’identité. En 1999, elle a publié un livre sur l’histoire des mineurs marocains dans le Nord : " La mémoire confisquée – les mineurs marocains dans le Nord de la France ". Il est notamment évoqué dans un article paru en novembre 2000 dans le Monde Diplomatique : " Mora, le négrier ". http://www.monde-diplomatique.fr/2000/11/CEGARRA/14481. Pour contribuer au débat organisé par l’AJS dans le cadre de " Parole de Femmes ", ce vendredi 7 septembre à la mairie de Dunkerque, elle revient sur les enjeux de cette mémoire.

 Le livre que vous avez consacré aux mineurs marocains, dans le Nord de la France, s’intitule " La mémoire confisquée ". Pourquoi considérez-vous que cette mémoire est confisquée ? 

Marie Cegarra
 : Je vais d’abord vous raconter une anecdote. Lorsque j’ai présenté ce livre au Centre historique minier de Lewarde, un mineur marocain s’est montré particulièrement intéressé. L’immigration et la mine, c’était toute sa vie. Mais à la parution du livre, il a considéré, avec beaucoup de frustration, que c’est moi-même qui lui avais volé sa mémoire ! Par la suite, il m’a suivie partout, dans les endroits où je présentais mon livre. Et à chaque fois, il répétait la même chose : " Madame Cegarra nous a confisqué notre propre mémoire ! ". Evidemment, ce n’était pas le but que j’avais recherché. En fait, dans mon livre, je raconte l’histoire d’une rupture que les mineurs, une fois arrivés en France, ont été obligés de gérer. Pour s’intégrer et travailler, ils ont du oublier, dans un premier temps, leur mémoire individuelle.

Vous voulez dire qu’ils ont gardé leur passé pour eux ?

M. C. Oui. Ils n’avaient pas le choix. Venus pour des raisons économiques, ils ont fait l’impasse sur eux-mêmes. Par la suite, ils n’ont pas raconté à leurs enfants les conditions de leur départ du pays d’origine, ni les conditions auxquelles ils ont été confrontés en France. Ils voulaient éviter de parler de leur affectif. Dans le film de Jean-Michel Vennemani, que vous présentez ce vendredi soir, les enfants sont invités à reconstituer leur arbre généalogique. C’est en effet une démarche essentielle. Elle est très importante.

Vous évoquez la mémoire individuelle de ces mineurs. Mais il y a aussi la mémoire collective.

M. C. Ce qui reste, quand ils oblitèrent leur mémoire individuelle, c’est la mémoire communautaire. Je veux parler de la religion, des prescriptions alimentaires, de l’honneur de la fille, etc. C’est cela qui va structurer la famille quand elle rejoint les maris installés en France. Quant à la mémoire individuelle occultée, elle va revenir en situation de frustration, c’est-à-dire en situation de crise. Lorsqu’il a été question de crise économique et de retour au pays pour les mineurs immigrés, ces derniers ont relié avec leur mémoire. Mais c’était pour mesurer leur trajectoire qui s’achève alors sur un échec. Peu de mineurs marocains ont réussi en France. L’ascenseur social a fait place à l’échec de l’immigration.

Nous avons intitulé notre débat en empruntant au film de Vennemani : " Une mémoire pour devenir ". Pour les générations actuelles, le travail de mémoire vous semble fondamental ?

M. C. : La mémoire est en effet fondamentale pour le devenir. Cela étant, on en parle depuis une trentaine d’années. Pour ma part, je préfère dire " les " mémoires, au lieu de " la " mémoire. Je crois en effet qu’il faut décortiquer plusieurs types de mémoire. Dans une première étape, on a commencé à travailler sur la mémoire d’une France agricole qui disparaissait. Puis, à partir des années 80, est venu le temps de ce que j’appelle la " patrimonalisation ". C’est l’époque du développement des musées, écomusées, instruments consacrés à la mémoire, etc. C’est le besoin d’un retour à des traditions culturelles. Il y a eu aussi du travail de mémoire lié au lien social, dans les villes.

Aujourd’hui, on assiste à un travail de mémoire politisée. On revient sur l’Histoire. L’exemple le plus parlant est la colonisation de l’Algérie. Plus précisément, on s’intéresse aux questions liées à la colonisation de l’Afrique et des pays du Maghreb. Du coup, les choses sont très complexifiées.

Quoi qu’il en soit, la transmission de la mémoire est d’autant intéressante qu’en général, on a plutôt tendance à se baser sur l’ignorance et sur l’émotion.

Comment la transmission de la mémoire se réalise-t-elle ?

M. C. : Cela ne se fait pas de façon unilatérale. Il y a des choses que l’on va garder parce que c’est important pour la culture. Mais on ne garde pas l’ensemble. On cristallise sur certains points. On se dirige vers l’avenir avec les restes d’un passé que l’on aura sélectionnés. 


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Mardi 4 septembre 2007 2 04 /09 /Sep /2007 12:09
Sans-titre.JPG Francine Auger-Rey

Francine Auger-Rey sera l’une des intervenantes de notre débat consacré à la mémoire collective, ce vendredi 7 septembre, à la mairie de Dunkerque. Directrice de Radio Canal Sambre Avesnois, à Aulnoye Aymeries, elle a initié, dans les années 90, une important projet radiophonique sur la mémoire ouvrière et populaire. Elle nous racontera l’intérêt de ce travail de mémoire pour des habitants touchés de plein fouet par la désindustrialisation.

La crise qui a touché le Val de Sambre dans les années 80-90 a fortement contribué à détruire le lien social. " A l’époque, se souvient Francine Auger-Rey, les personnes victimes du chômage étaient cantonnées chez elles. Chacun était cantonné dans son quartier. Le déplacement entre le domicile et le lieu de travail n’existait plus. "

Partant de ce constat, en s'inscrivant dans le cadre de la politique de la ville, Francine Auger-Rey a décidé de mettre la radio au service de ce public. Ce travail sur la mémoire orale industrielle est devenu un formidable "outil pour recréer du lien entre ces personnes et l'ensemble du public", assure-t-elle. "Nous avons voulu faire parler le père par rapport à l'enfant, l'immigré par rapport au non immigré, le cadre par rapport à l'ouvrier... La démarche n'était pas sélective, au contraire. Il fallait que chacun parle à tout le monde." 

A travers la parole, la radio a permis de ramener un public marginalisé dans l''espace public. Radio Canal Sambre Avesnois a lancé sa démarche avec les femmes vivant dans les quartiers. "
Dans certains quartiers, nous avons mis en oeuvre un travail culturel pointu. Nous avons réactivé le potentiel culturel inconscient des femmes afin qu'elles le transforment en valeur d'échange. Nous y avons apporté une dimension publique à travers des expositions et à travers de la production radiophonique".

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Vendredi 3 août 2007 5 03 /08 /Août /2007 17:03
Livre-Chibanis-006.jpg Aissa-Zemmouri.JPG

 Le travail et le rôle de la mémoire collective sera le thème du prochain débat public de l'AJS, dans le cadre "Parole de Femmes". Ce débat se déroulera vendredi 7 septembre, à 18h30, à la salle Jean-Bart de la mairie de Dunkerque.  Il réunira Alcide Carton, inspecteur honoraire de l'Education nationale, Francine Auger-Rey, directrice de Radio Canal Sambre Avesnois, Sabrina Kassa, journaliste et auteure de "Nos ancêtres les chibanis", Brigitte Mounier, metteuse en scène à la Compagnie des mers du Nord. La soirée débutera par la projection du  film "Enquête d'identité" de Jean-Michel Vennemani.
Photo de gauche : Aïssa Zemouri : 
une mémoire aussi riche qu'inépuisable


L'œuf d'Aïssa

Aujourd’hui, on connaît M. Zemouri pour son implication au sein de l’association " Graines de Culture " qu’il a créée à Grande-Synthe il y a une dizaine d’années. Peu sans doute, connaissent son parcours, depuis son enfance en Algérie.

Conteur passionné et passionnant, loin des partis pris, il ne manque pas une occasion de puiser dans ses souvenirs. A travers son histoire, et celle de sa famille, on gagne à découvrir une expérience riche d’enseignements. Les conditions de son arrivée en France, les premières difficultés d’intégration, le regroupement familial, les premiers emplois sur le port de Dunkerque, son embauche aux Chantiers navals, le mouvement et la grande grève de mai 1968, son entrée à Usinor, les discriminations raciales, le syndicalisme, etc. C’est tout un pan de notre histoire commune dont il est l’un des nombreux acteurs.

Cette histoire est contée dans la pièce " Synthe Saga ", mise en scène par Brigitte Mounier, de la Compagnie des mers du Nord. Elle nous en parlera lors du débat du 7 septembre. La journaliste Sabrina Kassa lui a consacré un chapitre dans son livre " Nos ancêtres les chibanis ! ", publié en 2006 par les éditions " Autrement ". Elle aussi viendra nous expliquer en quoi il est important de travailler notre mémoire collective.

" Nos enfants doivent savoir ", assure Aïssa Zemouri. Si vous lui parlez de sa propre enfance, dans le village de Hamda, en Petite Kabylie, il vous contera à coup sûr comment un œuf a décidé, en partie, de son destin. C’était un soir d’hiver. A l’époque, dans les années 40, il fréquentait l’école des Pères blancs. Mais il n’a pas eu le temps d’y apprendre correctement à lire et à écrire le français. " Je rentrais de l’école. Il faisait déjà nuit et pour regagner mon village, il fallait traverser une forêt. Mes camarades couraient. Alors, pour ne pas me laisser distancer, j’ai retiré mes chaussures, qui étaient trop grandes et qui me gênaient, je les ai attachées par le lacet et je les ai portées sur l’épaule ".

Mais dans sa course, l’enfant ne s’est pas aperçu que l’une de ses chaussures avait glissé. L’un de ses copains l’a ramassée discrètement. Le lendemain, il est allé la négocier chez la mère d’Aïssa. " Je vous rends la chaussure si vous me donnez un œuf " lui a-t-il malicieusement proposé. La famille n’était pas riche. Pour la maman, l’œuf représentait beaucoup. Pourtant, elle l'a troqué contre la chaussure. Et elle a décidé qu’Aïssa n’irait plus chez les Pères ! L’enfant est allé à l’école coranique, pour la seule raison que celle-ci se trouvait au sein du village. Ainsi, il ne risquerait plus de perdre ses chaussures, ou autre chose, en traversant la forêt !

" Pour ma mère, l’école coranique ou celle des Pères blancs, c’était du pareil au même".

Sauf que le village était tellement pauvre que les cours étaient très irréguliers. Les maîtres d’école changeaient souvent et venaient peu. Cela n’a pourtant pas empêché l’un d’eux de réveiller la conscience du jeune Aïssa. " Il ne nous apprenait pas que des sourates du Coran, se souvient-il. Il nous a ouvert les yeux sur les réalités du colonialisme français, il nous a expliqué les massacres de Sétif. Il nous a aussi appris des chants révolutionnaires. "

Comme l’écrit Sabrina Kassa, le jeune Aïssa ne comprenait pas tout. Mais il a au moins capté l’essentiel : " il faut relever la tête ". Depuis, monsieur Zemouri ne l’a plus jamais baissée.

_______
(*) 
Nos ancêtres les chibanis ! Portraits d'Algériens arrivés en France pendant les Trente Glorieuses" - Sabrina Kassa - Ed Autrement - 2006.

 





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